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samedi 28 février 2009

N'Gor




9 au 15 février - N’Gor
Le « Bou » est parti de Saint-Louis aux aurores. Comme lui, je lève l’ancre. Direction Dakar en compagnie des 3 cousines de septante ans. Deux d’entre elles enchaînent sur 1 semaine au domaine de Nianing, ce qui me permet de revoir ce camping de luxe de la « petit côte » où j’avais passé quelques jours en famille en 1989, puis de retrouver l’embranchement de N’Gaparou où nous passions notre dimanche dans la paillote familiale. C’est dans un Dakar vide en ce dimanche que Françoise me dépose à deux pas du marché Kermel après avoir longé mon ancien collège. J’appelle François et Camille, un couple d’amis de Yaël qui habite depuis 1 an ½ sur la petite île de N’Gor : « Allô François, c’est Guillaume … Oh salut tonton, t’es où ? … Ben j’viens d’arriver à Dakar … Alors viens vite, y’a la khaïma qui t’attend au fond du jardin. T’arrives au village, tu descends sur la plage et là, tu demandes à Sidi de te traverser … OK, super, mais l’adresse, c’est quoi ? … L’adresse ??? (rires) … c’est « chez François et Camille » … Ah OK, j’arrive … Yes I ». L’arrivée à N’Gor est presque aussi excitante que mon arrivée à Podor. Comme il y a 8 jours, je jette mes sacs au fond d’une pirogue de pêcheur. Au soleil couchant, je traverse le bras de mer, le sourire aux lèvres, pour débarquer dans cette île sans voitures, d’une quarantaine de maisons reliées les unes aux autres par des petits chemins d’un mètre de large, et même moins si on soustrait les branches de bougainvillées violettes, orange ou blanches qui s’échappent des jardins. Une île de rochers que j’apercevais tous les jours en novembre 1986 du Méridien en face, à mon arrivée au Sénégal, mais sans jamais m’y être rendu. François & Camille y habitent une adorable cabane améliorée en bois blanc. A l’intérieur, une grande chambre, un coin bureau et un cellier. Attenante, la salle de bains et des WC de rêve. Ou plutôt des WC sur lesquels on rêve. Ils n’ont rien de particulièrement original, mais tout pour s’oublier, le n°250 de Surf Session sur les genoux, devant les combis de surf qui sèchent sur la tringle de la douche, les 4 planches alignées dans le vestibule et la vue sur la mer qui vient lécher le portail d’entrée. La cuisine est à l’extérieur, sous l’auvent qui abrite la grande table où se prennent tous les repas. Devant, le jardin en coquillages. Derrière, la tente maure qui fait office de chambre d’amis. L’ensemble forme un tout aussi simple, accueillant et serein que ses heureux occupants. François bosse comme prof d’histoire-géo au lycée des Maristes. Pas grand-chose à voir avec son ancien job (la relaxation avec des dauphins dans un hôtel de Papeete). Seul point commun : la possibilité d’aller surfer avant et après le boulot juste devant la maison. Camille enseigne le français à des enfants et adultes étrangers. A Papeete, elle vendait des pagnes et des colliers sur la plage. L’été, ils font la saison … au bord de la plage médocaine. Des gens bien. Qui se sont donné les moyens de vivre la vie dont ils rêvaient.
Je me laisse bercer par le rythme insulaire de ce havre de paix. Rien de tel pour se réveiller qu’1 heure ou 2 de surf. Suivies d’un bon gros petit-déj’, à surveiller les marées ou les oiseaux tisserand qui me grignotent la baguette de pain, avant de bouquiner sur la terrasse en écoutant RFI ou « ça me fait mal » d’Alpha Blondy. Après une assiette à « la boutique » ou « Chez Carla » , j’essaie de prendre en charge les repas du soir, inspiré par un très beau livre de Youssou N’Dour, « La cuisine sénégalaise de ma mère ». Je m’emploie à acheter des poissons frais à Ouakam, à faire du riz au lait, du jus de bissap avec les fleurs d'hibiscus séché que m'a apportées Baldé, le gardien du voisin, ou des keftas à la marocaine mais rien d’exceptionnel. J’ai tenté de sortir 2 fois ma botte spéciale, la langouste grillée, mais 2 fois j’ai échoué dans ma mission d’en trouver (la 1ère, je me suis laissé emporter par une discussion avec 2 touristes dans le taxi qui m’a amené bien trop loin, la 2nde fois, le vivier était fermé à mon arrivée). 5 jours à abuser de l’hospitalité de François & Camille, entre surf, cafés au lait, Tiken Jah Fakoly, petites courses pour acheter un Guerrouane gris ou du lait caillé, et gros dodos sous la khaïma. Tranquille.

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