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dimanche 1 mars 2009

Dakar



Dakar

Merveilleuse mémoire. Je ne visite rien de Dakar. C’est elle qui me revisite la mémoire. Le goût acidulé du jus de bissap, celui sucré du tamarin, celui rafraîchissant de la bouye ou celui chargé du ditakh. Les saveurs du tiéboudiène, du maffé, du yassa ou du soupé kandia. La consistance du riz blanc collant ou celle du chocopain, un Nutella dilué à l’huile vendu étalé dans des ½ baguette de pain, achetée dans des kiosques jaunes à peine plus grands que des cabines téléphoniques. Les odeurs du tiouraye qui s’échappent des foyers où brûle à même les charbons de bois cet encens fait de gomme arabique. La moiteur des corps s’entassant à l’arrière des cars rapides et le son des pièces de monnaie sur leur carcasse métallique qui fait office de « arrêt demandé » au chauffeur. Le souffle d’un ventilo qui s’ébroue lentement dans un salon, ou celui de l’harmattan dans les branches des filaos de la corniche. La couleur verdâtre du rof (farce de persil mêlé d’ail et de piment, comparable à l’oseille) qui tâche et imprègne les poissons. L’ordre cérémonieux et immuable avec lequel le maître de maison distribue les miettes de légumes, de poisson ou de viande qui trônent sur le riz ou le mil au milieu du plat, à ses convives qui ne consomment assis sur les talons que la part du plat située devant eux, sans s’éterniser et en se reculant avant la fin en soufflant « Allahmdullilâh » pour signifier qu’ils sont repus et qu’ils en rendent grâce à Dieu. La cambrure désarmante des Sénégalaises dont la démarche est décrite par Ousmane Socé Diop dans « Karim, roman Sénégalais » (« les Africaines traînaient leurs babouches sur le ciment des trottoirs, nonchalantes, en princesses gâtées qui ne se soucient pas du temps »), l’habillement par Catherine N’Diaye dans « Gens de sable » (« Elles ont un port de reine, une arrogance muette ; elles détiennent les règles discrètes de l’art du paraître, de l’extériorité radieuse ; elles ont l’air courroucé des princesses offensées, le geste ample ») et l’effet de tout ceci par Blaise Cendrars dans « Feuille de route » (« Aucune femme au monde ne possède cette distinction cette noblesse cette démarche cette allure ce port cette élégance cette nonchalance ce raffinement cette propreté cette santé cet optimisme cette inconscience cette jeunesse ce goût »). Je ne visite donc rien de Dakara : je la traverse non sans plaisir mais par nécessité : pour aller chez le dentiste, pour imprimer quelques photos, pour acheter un pantalon léger en toile, pour faire mon visa pour la Guinée, pour aller prendre un pot au club de plongée "L"océanium" ou un jus de ditakh à l'Alliance française, pour ramener des gambas fraîches de Kermel ... Et aussi pour aller dans mon quartier d'enfance, le Point E. La maison est toujours là : tiens, j'avais oublié qu'il y avait un balcon pour rejoindre ma chambre de celle de ma soeur. Je sonne chez les voisins, les Sidibé, qui sont toujours là. "Guillaume !!!" s'écrie Amsatou à ma vue. Emue par ces retrouvailles, elle me cuisine un poisson au riz et m'offre en me quittant une petite main de Fatma qu'elle a ramené de Fès pour me porter bonheur sur ma route. En rentrant, je l'accroche à mon sac à dos.

Retour à Dakar chez Thibaut les 22 et 23 mars entre N'Dem et le départ pour la Casamance.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Ma race, ca me donne faim tout ceci.
je fonce chercher un resto africain.
Kaixo ma poule c bibi speaking.
je viens d arriver a wellington. il y a peine 2 heures.
a moi les maoris, a moi les all blacks.
j espere que tu t eclates toujours.
moi aussi et j espere que je vais continuer a le faire mais dans le bon sens su terme. il faudra pas qu on m eclate au rygby.
Take care my friend

Anonyme a dit…

te rends-tu comptes que depuis ton départ, le CAC40 a perdu 500 points!!!
je pense que ça devrait te faire réfléchir...

bon sinon ta commande de sweat Guiness est passée et devrait pouvoir être exhaucée.

Salut mon loupounou
Gillou

Anonyme a dit…

Un gnome au lit, l'autre scotchée devant la TV : je suis une mère indigne mais c'est tellement bon de prendre 15 minutes pour se dépayser en t'accompagnant on the road. Une requête : peux-tu mettre un peu plus de photos?
Bises
Maya