29 janvier - Boghé
Mes bagages laissés en consigne chez mon restaurateur-logeur, je traverse Aleg pour camper la journée dans le cyber repéré hier pendant ma quête de lit. En T-shirt noir, jean pas clean, sandales et chèche, je me surprends à ne pas me penser en pays étranger. Non pas que je commence à me sentir familier de la Mauritanie, mais après avoir affronté une nuit dans un train ou sur le toit d’un pick-up, des journées dans le désert et tout ce qui s’ensuit niveau nourriture, hygiène et fatigue, je me sens immunisé, pour ne pas dire invincible. Rien à foutre d’envoyer chier un aubergiste qui se fout de ma gueule, aucune appréhension à discuter directement un pieu avec un habitant à minuit. J’ai furieusement envie de tracer ma route comme JE l’entends, le monde m’appartient. Je passe la journée devant l’écran à décharger, classer et trier mes photos, mettre à jour tant bien que mal mon blog, donner signe de vie et prendre des nouvelles de mon monde d’origine. C’est une question que je m’étais souvent posée avant de partir de France : quel degré de coupure j’observerai. Autant j’ai rompu totalement et sans nostalgie avec mon appart’ et mon boulot bordelais, autant j’ai vraiment besoin de garder un lien régulier avec mes proches comme avec ce qui se passe dans le monde. Parfois, je me dis que je pourrais, vu le temps dont je dispose et mes talents de caméléon, faire fi de mon statut de touriste et vivre une vie parallèle, ne serait-ce que pour quelques semaines, dans les coins où je passe. Mais nier ce fossé qui existera toujours entre l’autochtone et le touriste de passage est illusoire. Tout au plus, je corrige l’appellation de touriste dans la bouche de mes interlocuteurs pour préférer celle de voyageur. Je ne sais pas si c’est du à ma démarche tranquille ou à mon look passe-partout avec mes habits sombres et ma barbe de plusieurs jours, mais on me demande de plus en plus si je travaille ici. Gaël m’avait dit : « Toi, t’auras de problème nulle part, tu t’adaptes partout ». Pas faux. Et puis l’Afrique ne me fait pas peur : probable héritage de mon enfance sénégalaise, entretenu par quelques voyages plus récents, c’est un sentiment de familiarité qui me lie à ce continent. Je quitte le cyber et Aleg vers 19h pour retrouver Alexis, Romain et Linda dans une soirée débridée de Boghé.
30 janvier - Boghé
C’est clair et net : ça y est, je suis arrivé en Afrique noire. Plus un seul Maure blanc, des odeurs de poulet yassa, des boubous colorés, des femmes dans les rues … j’ai brutalement changé de culture, sans avoir franchi de poste de douane. Les Maures, blancs ou noirs, sont faits pour mener une vie nomade dans le désert avec leurs troupeaux. Le fleuve, c’est pour les Peuls noirs cultivateurs, les descendants des premiers esclaves enlevés par razzias sur l’autre rive. On part les rencontrer, à 50 Kms de là, dans un petit village dont Alexis s’est lié d’amitié avec le Maire. Qui nous reçoit royalement avec un déjeuner puis qui nous accompagne sur le bord d’un bras du fleuve. Sieste bucolique au bord de l’eau avant un aller-retour en pirogue. On croise une famille de phacochères à l’aller, une horde de singes au retour. On visite les jardins potagers en rentrant au village où nous attend un nouveau plat, puis on rentre tranquillement à Boghé. Rythme pépère, bonne ambiance, chouettes rencontres : journée sympa. Nouvelle soirée débridée : ça ne rime à rien mais on s’en fout.
31 janvier – Podor, Sénégal
La fleur au fusil, le sac sur le dos, je retrouve la route en me faisant déposer vers 9h30 à la sortie de Boghé par Alexis. Une double dose d’excitation me réchauffe le ventre : d’abord le challenge de rejoindre avant 20h Podor à 120 Kms de là et de l’autre côté du fleuve Sénégal, ensuite la perspective d’y embarquer sur le Bou el Mogdad pour une croisière de 5 jours qui me descendra à Saint-Louis. Je souris tout seul au bord de la piste en me disant que je suis vraiment en train de réaliser un voyage extraordinaire : après la poussière du désert, le luxe d’une croisière. Cela fait 2 mois et demi que je suis embarqué dans cette aventure et toujours aucun sentiment de lassitude ne m’envahit. Absolument pas blasé, je songe à tout ce qui m’attend encore : la carte de l’Afrique de l’ouest que je déplie souvent pour noircir les étapes de mon voyage comme pour imaginer les suivantes me fait rêver comme au premier soir, en sortant du Vieux Campeur début novembre. Une première voiture m’amène à Dar el Barka. Une seconde à Lougat. Il est 13h30, il commence à faire très chaud et c’est la fin de la route bitumée : il convient de faire une pause et d’aviser. A côté du marché de ce petit village, une belle maison avec 2 voitures garées : on me signale que c’est celle du maire et qu’il se prénomme Yacoub. Je m’en rapproche alors qu’un homme bien habillé en sort : « Bonjour Monsieur, vous ne seriez pas Yacoub, le maire de Lougat ? » Tout honoré de cette reconnaissance par un étranger, il ne peut que m’inviter à me reposer sous sa khaïma. (Qui a dit que j’étais habitué à faire de la lèche aux élus locaux ?). Un enfant m’apporte un thé, un autre un plat de riz que je partage avec un autre voyageur de passage, un certain Silèye Ba. Après une petite sieste à l’ombre de la tente, je reprends mes « baggots » au moment où une délégation de la Banque africaine de développement vient constater l’état d’avancement des projets qu’elle finance. Je déploie mes plus beaux atours de « jeune voyageur à la bonne gueule » : c’est gagné, le patron demande à son chauffeur de m’amener à Leigceiba, village Mauritanien le plus proche de Podor. Il ne me reste plus qu’à parcourir à pied à travers champs les 7 Kms qui me séparent du fleuve. Puis à le traverser. Chose qui aurait du m’inquiéter depuis longtemps mais qui me paraît une difficulté dérisoire : je trouve tellement originales ces retrouvailles avec le Sénégal et je suis si excité de toucher au but que je pourrais me jeter à l’eau et franchir la frontière à la nage. Aux innocents les mains pleines, aux voyageurs la bonne étoile : au bout de 10 minutes à longer la rive, j’aperçois une pirogue que barre une gamine d’environ 12 ans. Je la hèle, elle accoste, je jette mes bagages au fond du tronc de fromager creusé d’un bloc, elle commence à pagayer, je jubile. Un moment empli d’une charge esthétique intense. La forme de l’embarcation, la candeur de sa conductrice, le glissement sur l’eau, les couleurs au soleil tombant, le fleuve-frontière … Un pur instant. Posé le pied sur la berge sénégalaise, me voilà immigré clandestin. A cet endroit, pas de poste de douane pour officialiser ma sortie de Mauritanie et mon entrée sur le territoire Sénégalais. Clandestino … Illegal. Terriblement grisant. Je marche encore ½ heure avant de croiser dans les faubourgs de Podor ses premiers habitants. Est-ce parce que je souris encore bêtement ou parce qu’ils me reconnaissent 20 ans après que tous me saluent gentiment ? Toujours est-il que j’ai envie de taper dans la main de tous ces gamins qui m’interpellent d’un « toubab » que je traduis en un « Bon retour au pays, mec ! ». Parvenu à la première boutique, je sympathise avec >3 jeunes (dans mon état, je pourrais sympathiser avec Hitler) qui m’invitent à un concert ce soir puis me conduisent à l’embarcadère. Une trompette résonne dans la ville comme dans mes tripes : alors que j’atteins mon but, le Bou el Mogdad accoste sur le quai de Podor, Sénégal. Le Bou el Mogdad. Nietzsche écrivait qu’ « il faut une musique en soi pour faire danser le monde » ; un nom de bateau peut aussi faire l’affaire. Il y a 20 ans, j’avais vaguement entendu parler de lui. Il y a 10 ans, j’avais lu un article enchanteur sur ce navire mythique. Il y a une semaine, voici le mail que je recevais de la personne en charge des réservations : « Bonjour, Merci pour votre confirmation. Vous pouvez rejoindre le bateau à Podor samedi soir. Le directeur de croisière sera prévenu. Le bateau sera à quai donc pour l'embarquement. Le dîner est servi aux alentours de 20h00. Regina". Bien entendu, j'explose mon budget. Evidemment, c'est à l'opposé de l'esprit roots de mes précédentes semaines. Assurément, ce sera peuplé de vieux bidochons ventripotants. Mais je m'en fous. C'est MON voyage. Celui de toutes les folies. Et donc de ma première croisière. Voyager sur un bateau fait tripper pas mal de monde. Moi, cette perspective ne m'avait jamais fait fantasmer plus que ça. A part sur le Bou el Mogdad, à part sur le fleuve Sénégal. Il est encore plus beau que sur la plaquette que Régina m'a envoyée par mail. La classe intégrale. Il respire la majesté d'un vieux griot africain de la brousse et le charme raffiné du mobilier colonial. Au sous-sol, le salon. Au rez-de-chaussée, le resto. Aux 1er et 2ème, les cabines. Au 3ème, une vaste terrasse avec bar, transats et hamacs. A chaque niveau, des coursives extérieures qui permettent de se promener partout. Les passagers en transfert depuis dakar n'étant pas encore arrivés, je suis le premier à prendre possession de ma cabine. Exigüe mais tout confort : teck, moquette, moustiquaire, vasque ronde, ventilo. Après dîner, je me rends au concert : une soirée organisée par le Peace Corp. américain, une étrange organisation gouvernementale qui envoie des volontaires US - genre scouts - dans la brousse pour s'occuper de santé, d'alphabétisation ou de développement. Et souvent accusée d'être les espions au service des Etats-Unis. Les concerts sont en play-back et en wolof, mais c'est marrant de voir les jeunes faire des démos de dans au son des percus. J'y retrouve Nico, mon "Directeur de croisière". A 31 ans, il attaque sa 9ème année en Afrique. Après une jeunesse erratique à Cassis et sans le bac, il a fait barman, croupier de casino, gérant de discothèque, à Madagascar et au Sénégal. Les compétences développées en gestion d'équipe, en logistique et en langues lui permettent de faire sa 1ère saison sur le "Bou". Un peu bourru mais très cool. Il me tutoie d'entrée, alors je lui paye une bière (eh oui, on a quitté le Maroc et la Mauritanie !), au dancing de Podor (waouh ...) où on finit la soirée. ça commence bien, cette croisière : j'ai le boss dans la poche. ça me permettra de tout faire sur le bateau : me mettre des DVD tout seul allongé sur le canapé devant l'écran géant, prendre le kayak à loisir, et même pisser du 3ème ...
1, 2, 3, 4 et 5 février - Quelque part sur un bateau ...
Impossible de décrire la sensatio procurée par ces 5 jours à errer dans les méandres du fleuve Sénégal. Au mieux, je peux écrire qu'ils furent étrangers à toute notion de temps et de lieu. A quelques noeuds à l'heure, le rythme du bateau vous plonge dans une tranquilité permanente qui confine à l'état de coma. Pas besoin de montre : c'est le clapotis sur la coque qui fait office de berceuse, la cloche d'appel aux repas et l'aube à travers la moustiquaire de réveil. Descendre le fleuve Sénégal, c'est remonter le temps : en 1659, l'arrivée des Français à Saint-Louis; en 1744, l'installation des comptoirs de Dagana et Podor pour acheminer en Europe gomme arabique, arachide, or ou esclaves ; en1852, la reconquête militaire du fleuve par Faidherbe qui crée le régiment des tirailleurs Sénégalais ; en 1958, la chute de Saint-Louis comme capitale de l'AOF. Quant au lieu, à quoi bon savoir où l'on se trouve quand le soir venu, le "Bou" jette l'ancre au milieu du fleuve bordé de chaque côté par des ajoncs. Moi qui suis un immigré clandestin, je ne sais même pas dans quel pays je navigue : la frontière administrative passe-t-elle sur la rive nord comme la carte du sous-sol semble l'indiquer ? Peu importe : soy un clandestino qui divague à cheval sur les pointillés d'une frontière. Et quand je plonge du pont au soleil couchant, j'ignore si je me trouve dans l'Etat Sénégalais ou en République Islamique de Mauritanie quand j'atteinds la berge à la nage. A ce propos, une nouvelle anecdote comme il n'en arrive qu'en voyage : le 2nd soir, je m'en vais rejoindre en nageant le village Mauritanien tout proche. Une pirogue en part avec quelques passagers : je grimpe à bord ... à côté de Silèye Ba, celui-là même avec lequel j'avais partagé un plat de riz il y a 3 jours à 150 Kms de là chez le Maire de Lougat ! La conversation est impossible (il ne parle pas un mot de français) mais il semble aussi ému que moi de recroiser nos destins dans ce lieu improbable. Le Bou el Mogdad est intemporel. 3au temps béni des colonies" des années 1950, il acheminanit le courrier et les produits manufacturés de Saint-Louis aux comptoirs du fleuve jusqu'au Mali. Après l'indépendance, il a été affrêté par Nouvelles Frontières pour des croisières en Sierra Leone, Libéria puis le delta du Siné-Saloum Sénégalais. En 2005, tout Saint-Louis a retenu son souffle quand il a fallu refaire pivoter le vieux pont Faidherbe pour que le Bou reprenne ses croisières sur son fleuve d'origine. Son équipage semble lui aussi résister étrangement à l'épreuve du temps. Ansou a la cinquantaine passée. Fils de tirailleur Sénégalais ayant fait l'Indochine et l'Algérie, lui-même ancien parachutiste, il est le guide qui orchestre nos excursions quotidiennes à terre. Il est aussi à laise dans une conférence sur l'histoire de la dynastie des Almoravides, dans la biographie de Faidherbe que dans le nom latin des oiseaux rencontrés dans le Parc ornithologique du Djoudj. En français, anglais, espagnol ou portugais. Autodidacte, il possède une bibliothèque personnelle de 500 ouvrages sur l'histoire de l'Afrique. Avant dîner, il écoute les nouvelles de RFI Afrique l'oreille collée au poste de radio. La nuit tombée, on discute longuement au tour du thé. Bouba a 62 ans. Il gère le bar, nourrit le perroquet et fait la morale à tous les jeunes mousses du navire. La première fois qu'il y a mis les pieds, il avait 13 ans : c'était pour aider son père menuisier à en faire le mobilier. Quant à Baba Sar, sa biographie devrait être écrite par Robert Louis Stevenson. Cet homme de 86 ans qui ne sait ni lire, ni écrire ni parler français, est le capitaine du navire depuis 55 ans. Il est toujours seul, rarement visible et jamais je n'ai perçu le son de sa voix. Drapé dans une écharpe orange, on l'aperçoit fugitivement au hasard d'une coursive, comme si c'était son fantôme qui hantait déjà le "Bou" et qui planait sur la destinée de ce fleuve dont il connaît par coeur chaque recoin. Etre passager du Bou el Mogdad est un privilège. C'est embrasser le passé d'un fleuve qui a servi de tremplin à la colonisation européenne de toute l'Afrique de l'ouest, c'est partager furtivement l'épopée d'un navire et d'un équipage qui ne font qu'un. Tout le fleuve connaît le "Bou", seul bateau à y croiser à l'exception des pirogues de pêcheurs ou de passeurs. Avec amour, les enfants chantent son nom sur la berge. Avec respect, il répond aux villageois avec sa trompette, faute de quoi il déclenche leur courroux. J'ai du mal à penser que mes compagnons de croisière mesurent qu'ils ne sont pas simplement sur un bateau-croisière mais qu'ils naviguent sur un mythe flottant. Il y a là une population très hétéroclite : 3 cousines venues fêter ensemble leurs 70 ans, le 1er Conseiller de l'Ambassadeur de France au sénégal, un cinquantenaire alcollique et sa copine étudiante, 2 veuves ornithologues, un jeune ingénieur agronome Espagnol qui se demande ce qu'il fout là, des Belges qui ouvrent le bar dès 10h30, un ancien légionnaire insupportable, ... Je m'y étais préparé, à cotoyer de vieux Bidochons l'appareil photo en bandoulière et l'étiquette FRAM qui dépasse du sac à dos, faisant connaissance entre eux autour d'un whisky en se racontant leurs précédentes croisières sur le Nil ou dans les Caraïbes. Passé le toutefois inévitable choc de départ, je fais des rencontres somme toutes intéressantes : c'est amusant de voir les cousines se refaire une jeunesse, c'est instructif d'entendre le collaborateur de Jean-Christophe Ruffin évoquer les transformations du Sénégal, c'est rigolo de jouer au Trivial Pursuit avec l'alcoolique, c'est adéquat de visiter le Djoudj aux côtés des ornithologues, c'est émouvant d'entendre un cadre EDF m'avouer "depuis tout jeune, je rêve de faire ce que vous êtes en train de réaliser". Car bien sûr, je dénote un peu dans le paysage de cette clientèle qui ne voyage plus qu'en classe luxe. Celà me vaut de me faire inviter à l'apéro pour raconter mon périple ("Alors, il paraît que c'est vous l'aventurier qui descend à pied de Bordeaux ?") ou à la table de ceux qui ont déjà "fait l'Afrique". Les repas sont d'ailleurs succulents : couscous de mil, thiof farci, langoustes ... je reprends allègrement les Kgs perdus en Mauritanie. Les excursions sont honnêtes mais ne peuvent égaler la spontanéité et l'authenticité de celles que j'effectue en solo depuis 2 mois. Visites des comptoirs de Podor et Dagana, de la Compagnie sucrière sénégalaise, de la "folie du Baron" à Richard Toll, du Parc du Djoudj (exactement la même qu'il y a 20 ans, avec phaco, croco, boa en plus des pélicans, sternes, oies, bernaches, mouettes, grues et autres piafs emplumés). Mais les moments les plus magiques sont ceux passés à divaguer sur le "Bou". A discuter avec Mika, adorable cuisinier Saint-Louisien qui me garde toujours un peu des plats qu'il prépare pour l'équipage, qui me rappellent davantage ceux de mon enfance que les plats servis au restaurant. A bouquiner la nuit tombée seul dans le salon extérieur. A visionner "Coup de torchon" ou "Le peuple migrateur" sur l'écran géant du sous-sol. A piquer une tête dans le fleuve avant le petit-déj'. A prendre le kayak pour admirer le coucher du soleil en pagayant seul dans le Parc du Djoudj. A ne penser à rien, allongé dans le hamac sur le pont. A bavarder en anglais avec un pêcheur du Sierra Léone qui ramasse ses filets. A surprendre un groupe de femmes en pleine toilette dans le fleuve ... Tout sur ce bateau n'est que calme, luxe et volupté ... Pas de doute, l'ailleurs, c'est bien ici.