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Afficher Une année sympathique sur une carte plus grande

vendredi 6 février 2009

Friends à Nouakchott




20 janvier - Nouakchott

Aujourd'hui, j'ai décidé de me laisser vivre. Pas de départ pour de nouvelles aventures, rien de bien constructif au programme de la journée. Je reprends des forces. Aurélia, partie bosser, m'a laissé son ordi : je mets à jour mon blog et suit l'investiture d'Obama. A midi, Claude & Béatrice, les 2 Babos, me proposent un tour au port dans leur camionnette aménagée (par leurs soins, bien sûr). Originaires de la vallée d'Ossau, ils tiennent un refuge dans la Sierra de Guarra de Pâques à Toussaint, ce qui leur laisse 5 mois par an pour voyager. On retrouve "Alou le petit rasta" rencontré la veille, qui nous amène au port où les pêcheurs (Sénégalais pour la plupart) ramènent des bestioles impressionnantes des eaux parmi les plus poissoneuses au monde. On y achète des rougets qu'on cuisine à l'arrière du van et qu'on grille sur la plage. L'occasion pour le "cuisinier stagiaire" que je suis devenu d'apprendre à écailler et vider un poisson. Passage au retour par le marché Cinquième : on y trouve de tout, à chaque ilôt sa spécialité, des boubous maures soigneusement entassés par centaines au henné en passant par une multitude d'objets en plastique (il faut bien écouler les stocks de gadgets invendus de années 1980 en Europe). On est dans un quartier populaire : à part à la tête des belles boutiques, il n'y a que des Noirs ici. Et, à en juger par leurs traits etleurs vêtements, plutôt des Noirs de type Soudanais, les "négro-Africains" comme les appellent les Maures blancs. Le soir, le plan dîner-film au CCF se transforme en apéro prolongé avec de nouveaux friends de passage.



21 janvier - Nouakchott


Aujourd'hui, je me reprends en main. Je parviens enfin à trouver une méthodologie d'archivage de mes photos commune à mes cartes d'appareil photo, mon blog, Picasa, mes CD gravés et mes clés USB. Je passe chez le cordonnier (un gars posé au coin d'un trottoir avec du cirage, du fil, des aiguilles et un peu de colle) me faire réparer le bout de ma chaussure gauche : ça me coûte 5 minutes (sur son banc) et 200UM (0.65 euros).A côté, il y a une boutique de DVD équipée d'un salon de coiffure : je m'y fais raccourcir les cheveux ettailler la barbe pour 3 euros en regardant un film américain. Je déjeune un sandwich kefta chez une Marocaine dans la rue et je rencontre Sidaty, un contact d'Aurélia qui vient du Tagant, me dit quoi aller voir là-bas et me file les coordonnées d'un collègue à lui qui pourra m'y amener demain. Je passe l'aprèm' à faire les courses (une façon comme une autre de visiterune ville) : ce soir, c'estmoi qui fais la bouffe. Oui oui, vous avez bien lu :j'ai pris la responsabilité ce matin de m'engager à cuisiner pour 6 personnes. Après la décision de prendre 6 mois sabbathiques, c'est le second plus grand défi jamais lancé à moi-même. Je me souviens à peu près de la recette des langoustes de Dakhla : ça fait grand seigneur, non ? La mayo, je devrais y arriver. Et en dessert, des bananes en papillottes avec du chocolat fondu et de la glace à la vanille : pas trop dur, c'estla classe américaine et je l'avis déjà réussi chez Rafa à Madrid il y a quelques années. Le (faux) taxi qui m'amène au port doit s'acquitter de 2 pots-de-vin aux flics en trajet : comment voulez-vous qu'un pays se développe alors que la corruption estun état de fait généralisé et culturellement admis ? Au port, il m'arrive une aventure incroyable comme il n'en arrive qu'en voyage. A mon arrivée à Azougi, jk'avais dîné avecplusieurs Français dont Stéphane et Christelle. A mon retour de Chinguetti 5 jours plus tard alors que je finissais un pouletbraisé à la cantine d'Atar, je les avais retrouvé et on avait pris un café ensemble. 4 jours plus tard, c'est sur le port que je les retrouve ! Je quitte les lieux en leur compagnie et celle de 6 langoustes qui gigotent dans mon sac à dos . Ils m’offrent un Coca dans leur auberge et un paquet de chewing-gums que j’avais oublié 4 jours plus tôt à 500 Kms de là à Atar et qu’ils avaient conservé en se disant « Jamais 2 sans 3 ! ». Aux Galeries Tata, j’achète le chocolat pâtissier et la glace à la vanille, le caissier me fait cadeau des 60 UM qui me manquent. J’erre 1 heure dans Nouakchott avant de retrouver la maison (ici, pas de noms de rue et toutes les boutiques d’angle ont la même gueule) grâce a la Fiat rouge 64 d’Aurélia garée devant. 18h30, je me mets aux fourneaux. Je libère les langoustes qui se mettent à gambader sur le sol de la cuisine, suscitant les cris d’effroi de mes hôtes féminins. Je me sens l’âme d’un tortionnaire nazi en les plongeant vivantes dans le court-bouillon (les langoustes, pas mes hôtes féminins) après leur avoir arraché les antennes pour qu’elles logent dans la marmite. Sébastien m’aide à préparer le barbecue prêté par un voisin et Linda part acheter les bananes. A 20h30, le Gewurtz d’Aurélia est frais, la mayo est prise et les langoustes, pré-cuites au court-bouillon puis grillées au barbecue embaument déjà le salon. L’orgie peut commencer. Les gloussements de délectation sont à la hauteur des cris d’effroi poussés à la première vue des bestioles. Passée la deuxième fournée, il ne reste plus une goutte de mayo. Et là, je sers les bananes dégoulinant de chocolat fondu avec les boules de glace … J’ai assuré comme un dieu, c’est certain. Elles s’extasient. J’adore.

22 janvier – Nouakchott + ?

J’appelle comme convenu à 9h30 Mbarek Fall, le contact pour m’emmener dans le Tagant. Il ne partira que cet aprèm’. J’en profite pour aller visiter le Musée national, très intéressant. Le RDC est consacré à l’histoire géologique et humaine du pays (il faut bien un endroit pour exposer tous les bifaces trouvés par Théodore Monod) et ses villes historiques, entre influences des Almoravides et franges de l’Empire du Ghana. L’étage rassemble des objets de la vie nomade. Amusant de voir se côtoyer des éléments datant des grandes épopées transsahariennes avec d’autres à coté desquels j’ai passé plusieurs jours dans l’Adrar. L’évolution est si lente ici et le mode de vie nomade toujours si fortement ancré dans les mentalités que le voyage chez les « broussards » Mauritaniens s’apparente a une remontée dans le temps.Je mange un sandwich dans un snack, j’achète Le Monde et 2 quotidiens locaux puis il est temps de repartir pour de nouvelles aventures. Ces 3 jours à Nouakchott m’ont bien requinqué. Mon blog est à jour, mes photos sur le net, mon linge lavé (par Fatou, la bonne, pour 1500 UM) … En France, c’est à la campagne qu’on se ressource, au cours de mon voyage, c’est en ville que je reconstitue mes forces. J’en aurai bien besoin … D’abord, je poireaute 3 heures, le temps que Mbarek Fall finisse ses emplettes. Ensuite, faute de places en cabine, c’est sur le toit d’un camion à ciel ouvert, parmi des tiges de fer, des sacs de riz et des portants métalliques que je prends place en quittant à la nuit tombée les faubourgs de la capitale. Au début, c’est rigolo de voyager là-haut. Je traverse la ville comme le souverain pontife dans sa Papamobile. Mais comme la température décline avec le jour et que je me mets à calculer le temps de trajet, je commence à flipper …

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Hello mon Giom,

Garde (ou demande, mais je suis sûr que tu les as prises) les infos de contact de Claude & Béatrice en Sierra de Guarra. A l'occasion tu me les donneras!

Continue à nous régaler!