9 et 10 avril - Nazinga
A 3 heures de Ouaga, une réserve bien pourvue. Oh, ce n'est pas le Kruger, le Serengetti, Chobe ni Hwange. Mais quitter l'Afrique sous le regard de Babar, c'est chouette. Les antilopes sont variées et nombreuses, les kobas, ou « antilope-cheval », costaud. Je n'avais jamais vu de mangoustes comme ça, très différentes de celles que je cuisinais au Maroc ou en Mauritanie. Ces grands calaos d'Abyssinie, énormes oiseaux, on dirait Grosquick. Des troupeaux de pintades sauvages, comme dans les Landes. Et des caïmans carrément flippants, quand on ne voit que le reflet jaune de leurs yeux se déplacer sous la lumière de notre torche la nuit.
Les sorties se font le soir, au moment où les bêtes vont se ravitailler en saison sèche près des points d'eau avant la tombée de la nuit, et au lever du jour avant qu'il ne fasse trop chaud. Avec notre chauffeur Sylvain qui a peur des éléphants (ce qui vaut à Fred de tomber du véhicule quand il accélère brusquement au premier barrissement) et un guide de la réserve qui ne voit jamais rien. C'est sympa de refaire un safari en 4x4 avec Xavi et Fred, ça fait resurgir des souvenirs de la traversée du Kalahari avec un GPS en rade de piles, de la rencontre avec un Babar quand nous errions à la recherche de la sortie de la vallée de la mort après nous être ensablés sous le regard de 2 hippos, de cette terrasse du camping de Hwange où nous étions seuls au monde.
Mais le meilleur et plus flippant moment, c'est à l'observatoire du campement. On y est allés après dîner avec Baud et Xavi écouter les bruits de l'Afrique sauvage nocturne. Une fois tout le monde endormi, j'y suis retourné seul. Eh oui, encore besoin d'être seul ... Et là, j'ai flippé comme rarement, malgré la pleine lune. D'abord, atteindre l'observatoire. Incroyablement plus loin seul qu'accompagné. Je n'ai toujours pas compris comment font les fourmis sur le parking pour faire un tel boucan. Une antilope-cheval alertée par mes pas décampe dans un raffut qui fait davantage penser à celui d'une antilope-pachyderme. Les regards jaunes des caïmans surfent à la surface du lac. Régulièrement, un grand bruit d'eau, qui ne laisse que des vagues concentriques sous l'arbre mort mais toujours figé au centre du lac. Un lézard croisé sur le retour me fait l'effet d'un varan. Et la vulgaire sterne fait un boucan tel que c'est flippant d'entendre quelque chose de si bruyant au milieu des cases endormies. Avant de rentrer, un barrissement d'éléphant au loin. Puis une fois couché, un énorme cri, tel un rire d'AVNI (animal vivant non identifié) me fait sauter du lit et me précipiter dehors l'enregistreur à la main.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire